Universitoyenne

La Nouvelle Vague

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Informations

Semestre Semestre 2
Composante Lettres et langues
Discipline Arts du spectacle (cinéma)
Nature Cours ouverts
Niveau Licence 2ème année
Enseignant Ferreira Francisco
Volume horaire total 48 h
Volume horaire CM 24 h
Volume horaire TD 24 h
Volume horaire TP

Pré-requis

Néant.

Contenu du cours / Programme

Après 1955, une réaction contre les conventions esthétiques et narratives du cinéma classique apparaît un peu partout dans le monde, mais elle prend une tournure particulièrement remarquable en France, préparant — sous l’influence notable du néoréalisme italien — une transformation essentielle des ambitions et des moyens du septième art, laquelle accompagne de profondes mutations de la société contemporaine. Cette réaction se précise avec les réalisations, dès la fin des années cinquante, des premiers films de la Nouvelle Vague : Les Amants de Louis Malle, Le Beau Serge et Les Cousins de Claude Chabrol, Hiroshima mon amour d’Alain Resnais, Les 400 Coups de François Truffaut et À bout de souffle de Jean-Luc Godard. En avril 1959, dans un article consacré aux 400 Coups, Godard annonçait d’ailleurs clairement les aspirations de ce « nouveau cinéma » souvent inspiré par l’élan de la jeunesse, en s’en prenant violemment aux cinéastes représentant la « qualité française » (soit, entre autres, à Gilles Grangier, Claude Autant-Lara, Jean Delannoy et Julien Duvivier) : « Nous ne pouvons pas vous pardonner de n’avoir jamais filmé des filles comme nous les aimons, des garçons comme nous les croisons tous les jours, des parents comme nous les méprisons ou les admirons, des enfants comme ils nous étonnent ou nous laissent indifférents, bref, les choses telles qu’elles sont » (« Truffaut représentera la France à Cannes avec Les 400 Coups », in Arts n° 719).

Aller à la rencontre du monde tel qu’il est, c’est-à-dire du réel, voilà bien l’un des principaux enjeux de la modernité cinématographique en France. Celle-ci prend toute son ampleur et se diversifie de manière significative dans le courant des années soixante, à travers des œuvres qui s’inscrivent fondamentalement dans un procès historique en développant une approche « révolutionnaire », tant au plan artistique qu’au plan idéologique. Ainsi, de la guerre d’Algérie à la guerre du Vietnam, de la découverte des différents avatars de la société de consommation (apparition de la grande distribution, espace public envahi par la publicité, « société du spectacle », etc.) à la libération sexuelle, de l’évolution de la condition féminine aux transformations des rapports de classe, les faits politiques, économiques et sociaux, qu’ils interviennent à l’échelle nationale ou mondiale, sont désormais au cœur du développement de la création cinématographique, tandis qu’émerge progressivement une nouvelle culture industrielle face à laquelle chaque cinéaste semble devoir se positionner et, éventuellement, s’engager.

Mais cette préoccupation par rapport à la réalité la plus immédiate se mêle intimement (et de nombreuses manières) à l’imaginaire et à la fiction, tandis que les films de la Nouvelle Vague s’enrichissent aussi bien de la culture cinématographique, mais encore littéraire, picturale et musicale de leurs réalisateurs. La création se fait alors profondément réflexive, proposant, selon une formule de Godard, l’art en même temps que la critique de l’art — tant et si bien que la recherche, l’invention et, donc, l’analyse constantes de formes filmiques nouvelles confèrent aux meilleures œuvres de cette période un éclat absolument unique. C’est sans doute la raison pour laquelle leur influence sur les auteurs les plus différents n’a cessé d’être — et reste aujourd’hui encore — tout à fait exceptionnelle.

Une synthèse sur l’histoire du cinéma français de 1895 à 1955 permettra d’introduire l’étude de la Nouvelle Vague dans ses dimensions socio-historique et esthétique.

L’analyse des films du corpus ouvrira sur les problématiques liant la Nouvelle Vague à la modernité cinématographique (les relations entre la fiction et la réalité, les différentes formes de reprise, la crise des genres, l’aboulie du personnage, le rôle du politique, l’exhibition des artifices du montage, la désolidarisation de la bande-son et de la bande-image).

Corpus :

  1. Les 400 coups (1959) de François Truffaut
  2. À double tour (1959) de Claude Chabrol
  3. Hiroshima mon amour (1959) d’Alain Resnais
  4. À bout de souffle (1960) de Jean-Luc Godard
  5. Paris nous appartient (1960) de Jacques Rivette
  6. Tirez sur le pianiste (1960) de François Truffaut
  7. L’Année dernière à Marienbad (1961) d’Alain Resnais
  8. Cléo de 5 à 7 (1962) d’Agnès Varda
  9. Adieu Philippine (1962) de Jacques Rozier
  10. La Jetée (1962) de Chris Marker
  11. Le Mépris (1963) de Jean-Luc Godard
  12. Les Parapluies de Cherbourg (1964) de Jacques Demy
  13. Pierrot le fou (1965) de Jean-Luc Godard
  14. La Collectionneuse (1967) d’Éric Rohmer
  15. Baisers volés (1968) de François Truffaut.

Calendrier

CM : le vendredi de 9h à 11h, première séance le 19 janvier 2018.

TD : le vendredi de 11h à 13h ou le vendredi de 14h à 16h, première séance le 19 janvier 2018.

Informations complémentaires

UFR Lettres et langues
campus universitaire - Bâtiment A3
1, rue Raymond Cantel
86000 Poitiers

salle C311